vendredi 9 mai 2008

Chariot de fer



Chariot de fer aux phares de feux

Quarante huit conquérants

Pour vingt quatre heures de temps

La course aux étoiles filantes

Telle le mirage des cieux


Chariot de fer à cheval, à vapeur, à souder

L'amour de la vitesse pour flirter avec la mort

L'amour de la passion pour vaincre ses limites

Terrible enjeu d'être classé premier

Pour quelques lingots d'or


Chariot de fer de jour comme de nuit

Tu joues avec ta vie, ton coeur, c'est ton moteur

Qui t'entraîne dans l'immense circuit

D’une ville presque endormie

Qui attend le hurlement de l'unique vainqueur


Chariot de fer au vingt quatre heures du Mans

Le rendez-vous annuel des rugissantes machines

Un vrombissement si doux embrassait mes tympans

Le plus grand accident est de fermer les yeux

Car c'est encore plus merveilleux que tu ne l'imagines

jeudi 8 mai 2008

La loi des hommes



La loi des hommes se confirme

la dictature des hommes s’affirme

La vérité s’impose sur l’horizon

Des paroles dotées d’immenses pouvoirs

Dirigent la foule et l’opinion


La loi des hommes s’envole

Les décrets se multiplient

Les technocrates discutent entre eux

Les petits hommes disputent entre eux

La mère de tous les vices s’installe chez nous


La loi des hommes est confuse

Leurs parchemins sont faits de ruses

Des discours encore des discours

Sur ces tapis de velours peuplés de vautours

De vils prédateurs ayant trouvé leurs proies


La loi des hommes vogue sur le monde

Barbouillés d’articles définis ou indéfinis

Notre peuple inondé de serments incompris

Tente de comprendre avec mépris

Mais la terre tourne si vite, sans aucun bruit


La loi des hommes m’interroge

Ils congratulent des faits minimes

Je ne leur offriraient pas un éloge

Cette logique coule en moi comme une énigme

Je me demande qui les anime ?


La loi des hommes aux hommes

La guerre de sang pour les barbares

La guerre des mots pour un sang d’encre

La soif, la faim pour des chantiers

Des soldats morts pour du papier


La loi des hommes n’existe pas

La foi des hommes est là

Des prières encore des prières

Dans des lieux sacrés

Ces endroits vivant de pauvreté


La loi des hommes me manipule

Chaque artiste tire les ficelles

Des marionnettes trop incrédules

Jouant sur des scènes européennes

Le rideau rouge tombe sur nos peines

Douce mort



Douce mort, je te renifle

Noir désir qui m’affaiblit

Sombre espoir qui m'envahit

Nuit sexuelle tel un zombi


Douce mort, tu m’appauvris

Proche décès dans un tombeau

Destruction, corps en lambeaux

Annulation d’un corps si beau


Douce mort rejoins ma route

Brève vie pour un seul mot

L’amour, la mort, c’est la déroute

Ainsi les êtres bons contre leurs doutes


Douce mort, tu m’ennuies

Mais il n’est pas encore minuit

La cloche sonne pour mourir

Tous deux, ensemble, un grand plaisir


Douce mort, a-t-elle tort ?

Non ! je n’y crois plus

Les individus sont si déçus

De ressasser leur vécu

Terre



Terre de rage

Monde de sang

L’entends-tu, le message

Du soldat rugissant


Terre de feu

Mer immonde

Jeux affreux

Sur sa tombe


Terre de haine

Homme de foi

Meurt sans peine

Dans ta joie



Traitement de choc



Traitement de choc subitement sur moi

Radical vieillissement sur ma peau bronzée

Répugnante chaise au dossier de fer

Bourreau de mon esprit disparaît, je t’en prie


Traitement de choc intimité par chocs

Phares de lumière autour de l’hémisphère

Conduite satanique exemplaire

Pour un peuple frisant l’ignoble guerre


Traitement de choc sur des taulards branchés

Impitoyable sort pour des détenus bafoués

Morts électrique sur une prise de conscience

Dernière cigarette pour épater la science


Traitement de choc, jugement permanent

Salissante machine à ôter la vie

Fulgurante histoire finissant dans le noir

Exécution éclair d’un homme sans mère


Traitement de choc sans aucun marchandage

Perverse fauteuil sans âge

Monstrueuse machine tuant les kadors

Routine de l’enceinte tu accouches de tes morts




Neige



Neige en flocons s’annonce pour décembre

Le froid hivernal fait mourir la rue

Neige, je te regarde tomber derrière ma fenêtre

Le feu de cheminée fait crépiter les branches

J’attends Noël pour que la société change

Qu’elle recouvre nos pauvres

D’un drap d’or et de soie


Neige en boule ou carbonique

Elle peut éteindre les feux

Et faire jouer nos enfants

Qui deviendront peut-être...

De grands bonhomme de neige

Avec un coeur glacé

Par un monde qui délaisse

Les sentiments humains

D’oublier de parler

D’écouter l’opprimé


Neige épaisse et blanche

Tu es l’avalanche que je ressens ce soir

Dans ce commerce d’un père Noël américain

Aux couleurs cruelles de ce pays lointain

Tu peux dire au revoir à Saint-Nicolas

A notre père Noël qui fend la neige

De son traîneau d’osier, de paille et de peau

Il savait nous tenir chaud

Ce père Noël ne troquait pas

Il offrait ses cadeaux


Neige artificielle sur des sapins plastiques

Tu me fais mal aux yeux

Tu fais souffrir mon nez

Ni odeurs ni reflets

Ne viennent m’émerveiller


Je t’en supplie, neige, reviens

Aussi saine et fraîche que l’innocence

Reviens sur les toits des maisons

Aujourd’hui trop pollués


Je t’attends s’il te plaît

Neige reviens comme il y a si longtemps

Si éclatante et douce dormant dans nos forêts

L’épuisette



Aux premières lueurs adolescentes

Assis sur un rondin de chêne

J’attendais en ruminant d’impatience


Canne à pêche en main

J’observais ma ligne de vie

A son extrémité s’y trouve un plomb

Trempé d’acier et de regrets


Un fil si long, qu’un pêcheur d’expériences

L’aurai jugé lourd, sans but, ni fin

Je fixe le ciel pour l’écho d’une réponse

Rien au bout de ma ligne

Rien qu’une canne serrée

Qui me fait avancer

Encore, toujours plus loin

Loin de nos illusions


A croire qu’il faut aimer

A observer tous ces cercles sur l’eau

A imaginer saisir le poisson

Qui viendrait se nourrir

Sur l’appât de ma vie

En pêchant au hasard

On ouvre la rencontre


Le bouchon peut couler

Jusqu’à en être flou

Il revient en surface

C’était un faux ami...

Un poisson de passage

Qui voulait partager

Et faire son effet


Des poissons argentés

J’en ai souvent croisé

Ils ont construit ce que je suis

M’ont offert l’amitié

D’une éphémère saison

Je devais être assis

Sur un bois trop humide


Je change d’ustensile

Pour donner du volume à la fidélité

Avec force, aujourd’hui

Je sors mon épuisette

Elle permet de filtrer

La nourriture céleste

Qu’on appelle “Amitié”



Quelques gardons, encore ici, frétillent

Trop minces, ils ne peuvent sans pêcher

De former un petit banc vert

De nouveaux rivages


Moi...je reste là...

A essuyer mes larmes

Jamais d’amertumes pour ceux

Qui se sont évanouis

Je me souviens des les avoir aimé

J’ai traversé leur vie

Ils ont percé mon coeur


Cela reste logique quand on est un pêcheur

Alors, je choisis l’herbe fraîche

Je vais me reposer

Enfin avec l’amour

Plus fort que l’amitié

Qui maintenant m’entoure


Je n’avais pas compris

Qu’être pêcheur reste un art

De cultiver l’envie

Sans vouloir posséder


Je dois plier ma canne

Car, je suis épuisé

D’avoir tant réfléchi

Sur le reflet d’un lac

Où Narcisse se pencha


Il reste dans ma poche

Mes fidèles poissons

Qui ne profitent de rien

Et ne réclament rien

Des poissons pilotes

Qui véhiculent l’esprit


L’épuisette nous laisse l’unique qualité

Elle ne s’encombre plus d’être trop bien remplie

Elle n’avait pas saisi le plus beau des trophés

Elle n’écoutait pas assez

Elle croyait, elle savait ...

Elle aussi, je devrais la plier


Je dois vous dire merci

Avant de vous aimer

Deux biens meilleurs appâts

Notre sincérité

Notre fidélité